ORDINATION EPISCOPALE ET INTRONISATION DE SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR PIERRE CLAVER MALGO

« Le Gulmu a de nouveau un pasteur en la personne de Mgr Pierre Claver Malgo », s’exclame l’Abbé Séraphin Soubeiga, administrateur diocésain de Fada jusqu’au 12 mai 2012. D’où nous viendra le salut ? C’est une pareille question que se posait le clergé et tous les fils et filles du diocèse de Fada N’Gourma dont le siège épiscopal était vacant pendant dix-huit mois. Le samedi 12 mai 2012 était un grand jour dans ce diocèse, le jour tant attendu : l’Abbé  Pierre Claver Malgo nommé évêque de Fada depuis le 11 février 2012 est sacré évêque au cours d’une célébration eucharistique qui a mobilisé toute la conférence épiscopale du Burkina-Niger. Cette célébration a été présidée par le consécrateur principal, Mgr Séraphin François Rouamba, archevêque de Koupéla, et ses deux Co-consécrateurs : Mgr Paul Ouedraogo, l’archevêque de Bobo et Mgr Lucas Sanon, l’évêque de Banfora, tous évêques burkinabè. On notait la présence d’une quinzaine d’évêques et des centaines de prêtres, de religieux et de relieuses. Qui est Mgr Pierre Claver Malgo ? Né le 14 septembre 1954 à Dimistènga, paroisse de Gounghin, dans l’archidiocèse de Koupéla, il a fréquenté le Petit Séminaire de Baskouré, le séminaire interdiocésain Saints Pierre et Paul de Kossoghin à Ouagadougou et le lycée Philippe Zinda Kaboré. Il est admis au Grand Séminaire Saint Jean-Baptiste de Wayalgê (Ouagadougou), puis au Grand Séminaire Saint Pierre Claver de Koumi (Bobo-Dioulasso) dont il sera plus tard  recteur. Après son ordination sacerdotale le 07 juillet 1984 pour l’archidiocèse de Koupéla, il a été vicaire à la paroisse cathédrale de Koupéla (1987-1991). Après des études en Théologie Biblique à l’Institut Catholique de l’Afrique de l’Ouest à Abidjan, sanctionnées par une Licence canonique et une habilitation au doctorat (1987-1991), il est professeur d’Ecritures Saintes au Grand Séminaire Saint Pierre Claver de Koumi (1991-1999). Vicaire paroissial à Ars-Sur-Moselle, dans le diocèse de Metz en France (1999-2000). Curé de la paroisse Saint Joseph Ouvrier de Gounghin (2000-2005). Recteur du Grand Séminaire interdiocésain Saint Jean-Baptiste de Ouagadougou (2005-2011). Il est aujourd’hui le 4e évêque du diocèse de Fada. Nous lui souhaitons une bonne mission et que, comme sa devise épiscopale le souligne bien, toute la terre sache que « Le Royaume de Dieu est parmi vous ». Fr. Lucas a. a 

Le charisme de l’Assomption en Afrique de l’Ouest

« Hommes de foi, hommes de communion, et solidaires des pauvres ; cette trilogie invite chacun de nous à progresser comme disciple du Christ, comme frère vivant en communauté et comme apôtre au service du Royaume» (§66 Actes du Chapitre Général 2011). Partant de ce passage des actes du chapitre provincial, nous voulons relire ces dimensions de la mission assomptionniste en Afrique de l’Ouest. Ici, l’Assomption est toujours en chantier, mais déjà au regard du programme de formation des jeunes, on peut regarder vers l’avenir ; en avril, les novices étaient en stage apostolique dans une association de prise en charge des personnes vivant avec le VIH ; ils ont suivi les pas de certains de leurs aînés qui y étaient pareillement l’année passée. La dimension « solidaire des pauvres » de notre charisme est donc déjà sur les rails ! Le pèreRené MIHIGO Délégué du provincial de France en Afrique de l’Ouest répond à certaines de nos interrogations au sujet de ce charisme. En communauté, le père René est le premier responsable de la formation des postulants ; il assure aussi de nombreux accompagnements personnels, anime des sessions et des retraites un peu partout au Togo où il est en mission depuis 2006. Il assume par ailleurs la direction du Centre Culturel Saint Augustin et c’est en partant de là que nous voulons interroger la mission assomptionniste en Afrique de l’Ouest.

 

Père René MIHIGO

-          Père René MIHIGO, le Centre Culturel, à Sokodé, est-il un lieu où se vivent les orientations fondamentales de la congrégation des Augustins de l’Assomption en Afrique de l’Ouest ?

-          Tout le monde peut le voir aujourd’hui à travers le programme du Centre Culturel ; notre ambition est que ce centre révèle vraiment l’identité assomptionniste, et puisse répondre aux besoins de la population, de la jeunesse, qui attend beaucoup de nous ! Nous y proposons notre foi à travers les conférences que nous offrons à toutes sortes de personnes à Sokodé : musulmans, catholiques, protestants. Dans un esprit de communion et d’unité, on se retrouve tous autour d’une même table pour discuter de la foi ou des problèmes de société ; voilà déjà un aspect de notre charisme mis en œuvre : l’intelligence de la foi. Par ailleurs, du fait que les élèves puissent disposer de tout (livres, journaux, revues, tableaux, bancs, internet, électricité) sans rien payer, révèle aussi en partie notre solidarité envers les pauvres. Aujourd’hui, le Centre Culturel est le lieu où nous sommes le plus visibles ; mais pour le moment, nous faisons ce que nous pouvons, avec le peu de ressources dont nous disposons ; je crois donc que c’est une œuvre à promouvoir, à soutenir, à développer, afin qu’elle puisse vraiment faire rayonner notre charisme.

 

-          D’après les actes officiels du chapitre provincial de France, « la Bonne Nouvelle nous rend particulièrement attentifs à la présence de Dieu à travers les pauvres et les petits… » (§61) Quelles sont les priorités de la congrégation, en matière de solidarité envers les pauvres, ici à Sokodé ?

-          C’est une question bien difficile pour nous ! Ici à Sokodé, même si nous sommes dans un milieu  pauvre, nous n’avons pas encore une politique bien définie, bien que nous en éprouvions le besoin ! Au Centre Culturel, à la radio, à la paroisse, en communauté, nous sommes beaucoup sollicités par des démunis, et il y en a vraiment pour qui il faut faire quelque chose ! Pour le moment, nous essayons de relever le défi à notre manière, en étant proches des gens, ce qui nous permet de communier à toutes les formes de misère. Nous n’avons pas encore une œuvre spécifique pour soutenir les pauvres, mais nous sommes dans l’attente d’une politique commune à élaborer pour unifier une façon de penser et d’agir, pour que notre action soit vraiment visible, notre solidarité efficace. Le soutien de certains élèves qui nous approchent témoigne aussi de notre souci d’être solidaire des pauvres et des petits.

 

-          Dans le trombinoscope du Chapitre général 2005, vous disiez que votre passe-temps c’était, entre autres, l’accompagnement, la rencontre gratuite avec des amis. Pour vous c’est un passe-temps mais, c’est aussi un énorme soutien pour ceux que vous accompagnez et soutenez moralement. Voulez-vous nous parler un peu de ce charisme ?

-          Je ne sais pas si c’est un charisme, mais je sais que depuis que je suis diacre, il y a plus de vingt ans, j’ai toujours été sensible à l’écoute et à l’accompagnement ; je suis convaincu que ce charisme comme vous le dites, me nourrit, me fait vivre et m’épanouit ; c’est pour moi une véritable détente spirituelle, même si c’est un service que je rends à mes frères et sœurs. Les gens se sentent soulagés quand ils sont écoutés et j’aimerais que beaucoup de jeunes religieux s’initient à cet apostolat, parce que notre ministère passe par la proximité, l’écoute de l’homme que l’on veut relever, des pauvres que l’on veut soutenir, que ce soit moralement, spirituellement ou matériellement.

 

-          Revenons-en au Centre Culturel Saint Augustin ; quelles difficultés rencontrez-vous malgré les différents investissements ?

-          Depuis que nous sommes là, nous n’avons pas tellement investi ; nous n’avons réaménagé que la salle, nous avons apporté des livres, et nous venons d’ouvrir un cyber qui n’est pas encore rentable. Mais il faut dire qu’il y a tant de défis : il nous faut aménager la grande salle de conférences pour qu’elle soit mieux accueillante, disposer de plus de structures pour l’accueil des élèves, renouveler les ordinateurs pour une meilleure connexion internet, disposer d’un groupe électrogène pour parer aux problèmes de délestage… en un mot, mieux soutenir nos œuvres et nos programmes ! Il serait même souhaitable de construire un nouveau bâtiment, un centre culturel digne de ce nom ! C’est ce défi que je lance à l’assomption ! Sans financement rien ne peut se faire ; le grand manque et l’unique problème de ce joyau que nous avons entre les mains, c’est le soutien financier ! Je me bats comme un diable dans un bénitier, et jusqu’à présent je sens que je m’épuise plus qu’il n’en faut !

-          Actuellement, de nombreux jeunes sont en contact avec vous pour connaitre les Assomptionnistes. Qu’est-ce qui, chez les Assomptionnistes, attire la plupart des jeunes de l’Afrique de l’Ouest ?

-          Les jeunes qui nous approchent ont été attirés par notre charisme présenté à travers nos œuvres ; je sens en eux un désir de se donner à Dieu dans le style qui est le nôtre.

 

-          Pour vous, quel est l’avenir de l’Assomption en Afrique de l’Ouest ; quelles sont vos attentes et quels conseils donnez-vous aux jeunes que vous êtes en train d’encadrer ?

-          Je suis d’abord convaincu que la présence de l’Assomption en Afrique de l’Ouest est une volonté de Dieu et c’est ce qui anime mon dynamisme ; si le Seigneur nous a appelés, c’est qu’il a une mission et tout est entre ses mains ! L’implantation est effective au Burkina comme au Togo, et je crois qu’il y a énormément d’attentes ; mais il me semble que nous avons peur de nous engager un peu plus pour le moment ; et le problème du missionnaire noir est un problème réel, parce que nos Églises d’Afrique font appel à des congrégations missionnaires, en espérant que ces congrégations peuvent contribuer au développement du diocèse, tant au niveau spirituel, humain que matériel ! Si la congrégation a choisi de s’installer ici, elle doit assumer les conséquences de ce choix ; réfléchir aux œuvres, au charisme ; rassurer les jeunes qui nous approchent aujourd’hui ou qui sont en formation. Ce sont de réelles préoccupations que je porte et que je partage avec les responsables de la Province qui nous ont délégués dans cette mission depuis six ans ; il est temps de faire quelque chose, d’installer une œuvre qui reflète notre charisme et notre dynamisme dans l’Église.

-         Avez-vous un dernier mot ?

-         Il faut surtout faire confiance au Seigneur et à l’Assomption ! Nous sommes une congrégation qui a traversé des épreuves au cours des siècles, mais la mission est florissante. Nous faisons un effort pour être au service de l’Église d’ici, je souhaite que l’Assomption s’incarne vraiment dans cette Église famille de l’Afrique de l’Ouest et que le Seigneur la bénisse ! Personnellement, je suis tenté de croire que ma mission s’achève à Sokodé et reste disponible pour un nouveau service, en Afrique de l’Ouest ou ailleurs.

                                                   Propos recueillis par Bernard BAMOGO, novice a.a

VISITE DU SITE DE LAONGO

Créé en 1989, le site

de Laongo est un lieu où les artistes se retrouvent chaque deux ans pour graver et matérialiser leurs idées, leurs conceptions du monde dans le granite. Ce site touristique, situé à une trentaine de kilomètres à l’Est de la ville de Ouagadougou, accueille  les sculpteurs de granite, et les visiteurs venant des quatre coins du monde aux mobiles et intentions forcément différents.

C’est ainsi que le 1er Mai 2012, Loango a fait l’objet de la visite des religieux et religieuses de la ville de Ouagadougou réunis au sein de U.C.O. Rappelons que l’U.C.O (l’Union des Religieux et Consacrés de Ouagadougou) est présidée actuellement par le Père Paulin, religieux assomptionniste. Pour cette sortie des religieux et religieuses d’environ cinquante, l’objectif était double :

Le premier objectif est celui de sanctifier le lieu et de louer le Seigneur pour l’intelligence qu’il a accordée à l’homme de transformer la nature.  Raison pour laquelle nous avons commencé nos activités par une belle célébration eucharistique sur le site même de Laongo. Cette célébration a été présidée par le Père Séraphin, Clerc de Saint Viateur et secrétaire de l’U.C.O. Elle servait en même temps de messe de prémices. En effet, le Père Séraphin venait d’être ordonné prêtre le 14 Avril 2012. Comme par heureuse coïncidence, cette célébration eucharistique était la toute première depuis que le site a été créé.

Le second objectif était celui de contempler la beauté des différentes réalisations artistiques sur le granite. Nous avons pu ainsi lire et découvrir les différentes philosophies véhiculées par les divers artistes à travers leurs œuvres.

Cette visite prit fin par des agapes fraternelles aux environs de 15h.

Nous vous proposons ici quelques photos de la circonstance.

Fr. Roland, a.a.

Hommage à Mgr Bakpessi

En ce quatrième dimanche de Pâques, journée mondiale des vocations, l’Église famille de Dieu qui est à Sokodé a commémoré le 20e anniversaire du retour à la maison du Père Eternel de son Excellence Mgr Chrétien Matao BAKPESSI. La messe à commencé à 7h30 précises par la procession d’une vingtaine de prêtres sur l’esplanade de la Cathédrale sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, au milieu d’une assemblée de près de cinq cent fidèles dont cinquante religieuses de différentes congrégations présentes sur le territoire diocésain.

Mgr Djoliba

L’ouverture de la célébration fut marquée par le mot de bienvenue du curé de la Cathédrale. Quant aux textes liturgiques proposés pour notre méditation, la première lecture était tirée du livre des Actes des Apôtres (Ac 4, 8-12) ; le psaume responsorial était le psaume cent dix-sept: «Sur la pierre méprisée par les maçons, Dieu a fondée son œuvre » ; la seconde lecture était extraite de la première épitre de saint Jean (1 Jn 3,1-2) et la page d’évangile était de saint Jean (Jn10, 14-15). Dans  son homélie, son excellence a exhorté les fidèles à faire preuve de bonne volonté pour la cause de l’Église de Dieu : « Nous avons besoin de tout le monde : femmes, hommes, petits et grands pour construire notre Église ». Il a, ensuite, lancé un appel aux fidèles afin qu’ils prient pour les prêtres comme l’avait fait son prédécesseur : «  Mgr Chrétien avait beaucoup souffert  pour le manque de prêtres dans son diocèse et avait beaucoup prié pour les vocations sacerdotales ». « Priez donc pour que le Seigneur puisse nous donner des prêtres, de saints prêtres et beaucoup de saints prêtres » a-t-il ainsi conclu son homélie. Par ailleurs, au cours de cette célébration, de nouveaux membres de la famille Kolping ont prêté serment selon les statuts de cette association de fidèle, ainsi prit-elle naissance dans le diocèse en poursuivant son développement dans l’ensemble du Togo.

À la fin de cette grande célébration, le collège des clercs se dirigea au lieu où est inhumé son Excellence Mgr Chrétien pour lui rendre hommage, cette démarche fut suivie de la visite de son ancienne demeure.

Enfin, pour clore cette journée solennelle, la danse traditionnelle ‘’k’kpèleing so’’ fut exécutée par les fidèles pour honorer ce grand homme.

Pierre-Paul, postulant aa.

RESEAU JUSTICE ET PAIX DES INSTITUTS DES RELIGIEUX ET RELIGIEUSES DU BURKINA FASO EN ASSEMBLEE GENERALE.

La journée du samedi 05 mai 2012 a été retenue par le Réseau Justice et Paix des Religieux et  Religieuses du Burkina Faso pour son assemblée générale aux Lauriers (juste à côté de la cathédrale de Ouagadougou). Sous la direction du Père Andréas (Missionnaire d’Afrique), cette assemblée générale a eu pour objectif  de faire la relecture de l’année 2011-2012 et de faire des propositions pour lancer les activités de l’année 2012-2013. Nous notons la présence de 13 religieux et religieuses: 10 Sœurs et 3 Frères, chacun représentant sa congrégation.

L’assemblée a commencé avec une prière à 8h40. Après la prière, nous avons formé trois groupes pour le carrefour. Chaque groupe a fait le bilan de l’année et des propositions pour l’année à venir.

En effet, trois sessions ont été nécessaires pour le réseau pour cette année 2011 -2012 : Education à la paix et à la non violence ;  La jeune fille, aide familiale : quel soutien psycho-social?  et  La santé dans l’assiette.

Ces thèmes ont permis aux participant(e)s de prendre conscience et d’aider aussi certains à changer leur comportement soit face aux filles de ménage, à l’alimentation ou soit à leur façon d’instaurer la paix.

Concernant le bilan financier, le solde de l’année passée était de 157 700F CFA. Les entrées provenant des cotisations, des inscriptions des membres et des dons  sont de 34 3500F CFA. Les dépenses s’élèvent à 282 950 F CFA sans tenir compte des dépenses de l’assemblée générale. Nous avons donc un solde créditeur de 218 250 F CFA.

Cet argent sert à payer les intervenants des différentes sessions. Nous avons des projets que nous voulons lancer mais notre peur est de ne pas arriver avec les moyens dont nous disposons. Nos problèmes sont multiples : manque d’outils informatique (ordinateurs, imprimante et autres)  pour une large diffusion de nos informations ; la communication téléphonique, le déplacement, la recherches des spécialistes et leurs honoraires… Pour s’autofinancer et aussi en attendant les dons, nous avons proposé la majoration de la cotisation annuelle par congrégation à 7500 F CFA afin d’amortir les coûts des photocopies, impressions, téléphones, déplacement…

Les thèmes proposés pour l’année à venir sont : l’accompagnement des jeunes ; la justice ; l’analyse socio-politico-économique du Burkina ; dialogue interreligieux ; comment un chrétien peut s’engager en politique; le statut de la femme burkinabé (mariage forcé, héritage, prostitution…) ; l’environnement ; les enfants vivants dans la rue. Ces thèmes seront étudiés par le conseil du réseau qui fera le choix.

Vers la fin nous avons reçu des informations et le réseau encourage tous les religieux à participer, cette année, à la semaine sociale qui sera organisée par la commission Justice et Paix de la conférence épiscopale.

Notre assemblée a pris fin à 12h20 suivie d’un repas fraternel.

Fr. Vivien a. a

Échos du stage des novices à l’association « Vivre dans l’espérance »

Voila que notre séjour à Dapaong tire à sa fin. Ces derniers jours, nous avons approché quelques personnes de l’Association dont voici les témoignages.

Monsieur Marcel MINDOUNA

Monsieur Marcel MINDOUNA, directeur-adjoint de l’association « Vivre dans l’espérance » répond aux questions de Bernard BAMOGO

Bernard :         Marcel, pouvez vous brièvement vous présenter et parler ainsi de votre association, « Vivre dans l’espérance » ?

Marcel MINDOUNA : L’association « vivre dans l’espérance », créée le 10 mars 1999, est une association de prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), et des orphelins et enfants rendus vulnérables par le VIH (OEV). L’Association a quatre structures dont l’unité de soins appelée Centre Maguy, le bloc administratif appelé Ensemble Pour la Vie, l’orphelinat des garçons appelé Maison Saint Augustin et l’orphelinat des filles appelé Maison Sainte Monique. Elle a un conseil d’administration composé de neuf membres, et un bureau exécutif dirigé par la Sœur Marie Stella KOUAK.

Quant à moi, j’interviens à l’association en tant que directeur adjoint, chargé du personnel et de l’accompagnement des OEV et PVVIH.

Bernard :         Quelle appréciation faites-vous de la collaboration des assomptionnistes avec vous ?

Marcel :           La collaboration entre les Augustines Hospitalières et les Assomptionnistes, a permis d’intégrer les jeunes assomptionnistes dans l’accompagnement dans la vie des PVVIH. Cette collaboration permet aujourd’hui aux jeunes en formation de voir la réalité de ce que sera leur apostolat, leur vocation, de saisir le sens de la misère, de la pauvreté du Christ à travers l’autre, les faibles, les petits… Les jeunes, en accompagnant les mourants, en touchant du doigt la réalité de la pauvreté, s’affirment dans leur vocation. Cette collaboration et l’implication des jeunes est TRES BIEN ! Nous sommes fiers de partager cette vie avec vous !

Bernard :         Pouvez-vous nous parler de quelques statistiques ?

Marcel :           L’Association Vivre dans l’Esperance prend en charge en ce jour 1403 adultes contaminés et 132 enfants contaminés. Pour l’année 2011, 4870 adultes ont été reçus en consultation contre 5260 en 2010 et 1150 enfants contre 1448 en 2010

Bernard :         Quelles sont vos sources de revenu ?

Marcel :           L’association fonctionne sur la base des dons, des projets et plaidoyers que nous portons auprès de certains partenaires ; le fonds mondial, l’Unicef, l’ambassade de France, l’Association de l’Arche (Abbé VEILLEROT), La Paroisse de Merztville (France), L’Association « L’ACACIA et le NERE » (se faire du bien tout en faisant du bien), L’Association Maminou …. Nous recevons ainsi de multiples dons, en nature, en espèce… qui nous permettent d’acheter les médicaments, des vivres, du matériel…

Bernard :         Quels sont vos principaux objectifs pour les années à venir ?

Marcel :           Pour les années à venir, l’objectif majeur, c’est le bien-être des PVVIH, et des orphelins.

Bernard :         Quelles difficultés rencontrez-vous sur le terrain ?

Marcel :           Nous sommes confrontés à quatre types de difficultés

-         l’intégration de la PVVIH dans son milieu de vie

-         la formation des orphelins, leur insertion professionnelle

-         le financement

-         la diminution du nombre de partenaires

Bernard :         Quel souci portez-vous pour la jeunesse d’aujourd’hui ?

Marcel :           Je demande toujours aux jeunes d’être prudents dans tous leurs engagements ; engagement affectif, professionnel, vocationnel ! Il faudrait qu’ils comprennent d’où ils viennent, et où ils vont : prudence !

Monsieur Yaya KPAPILE

Monsieur Yaya KPAPILE, assistant médical au compte de l’Association « Vivre dans l’espérance » répond aux questions de Bernard BAMOGO.

Bernard :         M. Yaya KPAPILE, qui êtes-vous et que faites-vous au sein de l’association « Vivre dans l’espérance » ?

Yaya KPAPILE : Je suis assistant médical de formation et je m’occupe de la prise en charge des PVVIH et je leur prescris les Anti Rétro Viraux (ARV)

Bernard :         Dans l’accompagnement des PVVIH, quelles mesures prenez-vous pour un patient qui vient d’apprendre son statut sérologique et qui se sait contaminé par le VIH ?

Yaya KPAPILE : Avant même le test, nous préparons psychologiquement les gens au cours d’un counseling pré-test, à accepter leur statut sérologique quel qu’en sera le résultat. Et avant de révéler son statut à un patient, surtout quand celui-ci se révèle positif, il faut lui faire comprendre tous les paramètres de la séropositivité, et cela se fait au cours d’un counseling post-test. Certains n’acceptent pas facilement leur séropositivité ; ce sont souvent des patients très fragiles ou des gens qui ne se reprochent, à juste titre, aucun comportement douteux. Il faut leur faire comprendre alors que ce n’est pas la fin du monde, ce n’est pas une fatalité. Il faut leur expliquer qu’il y a un traitement, non curatif bien sûr, mais qui améliorera leur condition de vie, leur état de santé, pour leur permettre de vivre longtemps. Nous mettons surtout en eux l’espoir de vivre malgré leur séropositivité. Il y a des exemples concrets, des gens qui témoignent d’un bon état de santé physique, qui vivent longtemps malgré leur séropositivité qu’ils ont pu accepter.

Bernard :         Qu’est-ce qu’un couple discordant et que faites-vous pour ce genre de couple ?

Yaya KPAPILE : Un couple discordant est un couple dont l’un des deux partenaires est séropositif et l’autre non : l’homme peut être séropositif et la femme séronégative ou vice versa. Dans de pareils cas, nous rencontrons le couple pour les accompagner dans leur situation, mais avant, l’un et l’autre doivent se révéler à tout prix leur statut. Nous les accompagnons alors pour qu’ils puissent faire des options. Et la première des mesures à prendre, c’est l’utilisation du préservatif. Mais lorsque le couple veut avoir des enfants, la situation devient encore plus compliquée. Le risque de contamination peut considérablement baisser si le partenaire contaminé suit bien son traitement ; la charge virale peut baisser et devenir même indétectable et là ils peuvent tenter d’avoir un enfant sans se contaminer ; mais le risque zéro n’existe pas encore. Dans les pays développés, il y a le lavage de sperme ou la fécondation in vitro mais dans nos réalités on n’y est pas encore. Les exemples ne manquent pas ; de nombreux couples vivent cette situation et il arrive quelquefois que par amour de l’autre, l’un prenne le risque de se laisser contaminer.

Bernard :         Parlant de pauvreté, quel lien pouvez-vous faire avec le VIH ?

Yaya KPAPILE : On peut dire que ces deux réalités vont de pair. La plupart de nos patients ici, sont très pauvres. Il faut d’abord reconnaitre que le sida est une maladie qui appauvrit lorsque l’on ne se rend pas compte à temps de sa séropositivité. Il arrive qu’on dépense tout son avoir pour se soigner en vain ; on dépense ainsi son argent sans succès, et pendant qu’on est malade on ne peut surtout pas travailler ; ce qui est pénible ; et s’il se trouve qu’on est déjà pauvre : c’est le comble, surtout dans la savane ici. Ce que nous vivons au quotidien ici dans l’association nous donne à voir de nombreux cas pareils.

Un autre phénomène est la prostitution liée à la pauvreté ; une femme qui, pour fuir la pauvreté se prostitue et tombe dans le piège du VIH perdra alors le peu de biens qu’elle a amassés pour se soigner, et dans le cas contraire, elle multiplie encore les victimes quand elle ne se protège pas et, là encore, il faut dire que c’est le comble.

Bernard :         En tant qu’assistant médical, quel conseil avez-vous pour la jeune génération ?

Yaya KPAPILE : J’invite la jeunesse actuelle au changement de comportement ; à la prise de conscience des voies de prévention. Jusqu’ici il n’y pas de traitement curatif ; alors pourquoi prendre des risques ? J’encourage chaque jeune à l’abstinence sexuelle. Beaucoup de gens parlent du préservatif, lorsqu’ils se disent qu’ils ne peuvent pas s’abstenir ; moi je dirai plutôt qu’ils ne veulent pas s’abstenir. L’abstinence pour la jeunesse, c’est une voie de réussite, tant en classe, dans les études que dans la vie ; et dans tous les couples, contaminés ou pas, la fidélité est incontournable pour la réussite et la sauvegarde de la vie familiale.

Nous sommes ainsi à la fin de notre séjour chez les Sœurs Hospitalières de Dapaong aux côtés desquelles nous avons passé d’agréables moments ; nous avons eu l’occasion d’expérimenter la vie communautaire autrement, et nous repartons riches de ce que nous avons pu apprendre avec les membres de l’Association. Nous remercions la communauté des religieuses qui nous ont accueillis comme des amis, et nous ont donné davantage le goût de la vie religieuse. Nous n’oublions pas non plus le personnel de l’Association ; un groupe organisé dont tous les membres se sont dévoués pour tout partager avec nous ! Pour nous apprendre la douceur de la compassion, de l’amour gratuit, de l’amour du prochain ! Merci à nos formateurs et surtout au Seigneur qui nous donne de faire toutes choses en son Nom !

Bernard Bamogo, novice a.a.

JOURNÉES ALZONIENNES DE OUAGADOUGOU

Le 11 et le 12 avril 2012, les jeunes profès de la communauté assomptionniste de Ouagadougou ont eu à présenter à tour de rôle et en présence des Pères Jean-Paul et Paulin, des travaux de recherche de 10 pages chacun.

Qu’entendons-nous par « Journées Alzoniennes » ?

Quand nous avons posé la question au Père Paulin, notre formateur, il nous a simplement dit que, « Ce sont des journées qu’une communauté ou des communautés alzoniennes se donnent pour réfléchir sur des questions inspirées d’Emmanuel d’Alzon. Le qualificatif « alzoniennes » ne veut donc pas dire qu’il s’agit de revisiter seulement le Vénérable Père d’Alzon, mais aussi et surtout de nous ressourcer sous son inspiration en vue d’être ses vrai(e)s fils et filles dans notre aujourd’hui. »

C’est dans ce sens que les matinées du 11 et du 12 avril 2012 ont été consacrées à des présentations des thèmes suivants qui ont été choisis librement par chaque présentateur. Par ordre alphabétique les trois premiers, comme vous allez le constater,  ont eu chacun trente minutes pour la présentation et trente autres minutes pour les questions et échanges.

Voici chacun avec son thème :

1. Fabrice AKELESSIM: Emmanuel d’Alzon et Saint Paul

2. Georges HOUSSOU: Rapport entre action et contemplation chez le Père d’Alzon

3. Jean-Claude DIWEDIGA: Les vertus cardinales chez le Père d’Alzon

4. Lucas SEZOUHLON: Qu’est-ce que le bonheur selon Saint Augustin ?

5. Roland MANGBASSIM: Le Père d’Alzon et l’amour de l’Église

6. Vivien DOKUI: Le sens du travail chez le Père d’Alzon

La présence des formateurs et leurs remarques faites par rapport à la qualité, au fond et à la forme des travaux ont donné un caractère sérieux à ces journées qui sont les premières en Afrique de l’Ouest sous l’initiative du Père Paulin. Il est possible que nos prochaines publications vous fassent le condensé de chaque thème.

« (…) lorsqu’on n’étudiera plus à l’Assomption, c’est qu’elle aura fait son temps et qu’elle aura reçu la malédiction de Dieu. » (Emmanuel d’Alzon, ES, p. 208)

Fr Lucas, AA

EXCURSION À BOBO DU 03 AU 07 AVRIL 2012

Dans l’intention de réaliser un des projets de détente de la communauté assomptionniste de Ouagadougou,  le Père Paulin (formateur) et les six jeunes Frères ont effectué un déplacement sur Bobo, la deuxième grande ville du Burkina-Faso. Les matinées du 04 au 06 nous avions à  participer à une session de formation animée par la Sœur Jeanine BAHANE (Oblate de l’Assomption) sur les Violences sexuelles et le vœu de chasteté. Les après-midis étaient réservés à la découverte de certains lieux de la ville. Désormais, nous connaissons le Petit Séminaire de l’Immaculée Conception de Nasso, le Grand Séminaire Saint Pierre-Claver de Koumi, la Grande Mission (l’archevêché, la communauté des Pères Blancs, l’aumônerie militaire), Mater Christi, les communautés des Oblates de l’Assomption et le Noviciat des religieuses de l’Assomption.

À notre arrivée, c’est la Communauté Emmanuel d’Alzon des Oblates de l’Assomption à Belle Ville qui nous a offert un repas d’accueil dans un esprit de famille traditionnel à l’Assomption. Le mercredi 5, c’était le tour de la Communauté Saint Augustin des Oblates de l’Assomption du Secteur V. Nous aurions bien voulu, ce même jour, saluer les Petites Sœurs de l’Assomption au Secteur XXI et en finir chez les OA via la Communauté du Noviciat des Religieuses de l’Assomption au Secteur V. Mais hélas ! Les intempéries et les conditions de déplacement ne nous ont pas permis d’aller jusqu’au secteur XXI rendre visite aux Petites Sœurs de l’Assomption. Notre souhait est d’y revenir un jour avec notre propre moyen de déplacement pour être sûrs de faire tous les tours désirés. Nous leur réitérons toute notre gratitude pour l’accueil si chaleureux dont nous avons été bénéficiaires.

Le logement, le petit déjeuner, le déjeuner, les activités spirituelles et la session avaient lieu à la Communauté et Centre d’Accueil des Grands Carmes, non loin de la communauté Emmanuel d’Alzon des Oblates de l’Assomption de Belle Ville. C’est un lieu de grand silence qui nous plongeait dans des moments de recueillement et d’approfondissement des échanges sur le thème de la session. La détente n’intervenait qu’au dehors, lors des visites de la ville et de certains lieux ciblés à notre arrivée et au fur et à mesure.

C’est l’occasion pour nous de dire encore merci à la Sœur Jeanine BAHANE et sa communauté, aux Frères Carmes et aux autres personnes qui nous ont réservé de leur temps pour cette découverte.

Fr. Lucas, AA

Augustins et Oblates de l'Assomption à la fin de la sessionSoeur Jeanine, O.A.