Échos de la visite canonique !

Nous sommes toujours dans l’ambiance de la visite canonique. Au cours de cette semaine il y a eu beaucoup de mouvements de la part du Père Emmanuel Kahindo et du Père Benoit Grière qui sont d’ailleurs les premiers initiateurs de la fondation assomptionniste en Afrique de l’Ouest. Le Père Emmanuel, voulant faire part de quelques idées générales des rencontres qui ont eu lieu, répond aux questions de Bernard BAMOGO et rappelle les objectifs de la mission assomptionniste en Afrique de l’Ouest.

 

Bernard BAMOGO :       Bonjour Père Emmanuel ! Voici quelques jours déjà qu’avec le Supérieur Général, vous êtes parmi nous ici à Sokodé ! C’est pour nous une grande joie et nous recevons cette visite comme une grâce. Quel était votre programme à l’arrivée ici ?

Père Emmanuel :             Notre programme consiste d’abord à visiter d’une manière rapide les communautés, et à nous acclimater ; nous avons donc prévu de rencontrer les communautés séparément et c’est ce que nous sommes en train de faire.

Bernard BAMOGO :       Depuis que vous êtes là, vous avez eu beaucoup de rencontres. Quelles sont les personnes ou groupes de personnes rencontrées, et quels ont été les points d’attention ?

Père Emmanuel :             Le premier grand groupe que nous avons rencontré, c’est le conseil paroissial de notre Dame de l’Assomption de Komah. La rencontre était très intéressante parce que le conseil nous a parlé des points sur lesquels cette paroisse devra travailler ; ce sont des points qui rejoignent notre charisme. Entre autres j’étais heureux en les entendant dire qu’ils mettent l’accent sur la pastorale de jeunes et là j’ai ajouté qu’il faudrait s’intéresser aux vocations ; parler donc de la pastorale des jeunes et des vocations. Ils travaillent aussi sur la pastorale des adultes ; parce que disaient –ils, « les jeunes manquent de repères et ils ont besoin de modèles et ces modèles ne peuvent être que leurs parents ». Ils insistent sur la formation humaine et spirituelle et ils sont heureux de ce que nos frères sont en train de leur proposer. Il y avait aussi une question intéressante sur le dialogue interreligieux et l’œcuménisme. Par rapport à leur préoccupation pour la construction de l’église, je les comprends, mais j’ai insisté que ce qui est important et premier, c’est la construction d’une église humaine. C’est lorsqu’on construit une famille, une Église dont les membres sont des membres vivants que cette église de pierre va avoir un sens, parce qu’elle va refléter finalement ce que c’est que cette Eglise humaine ; je suis très heureux de remarquer une nette évolution depuis la première fois que j’ai célébré à Komah, en 2005 ; on voit aujourd’hui qu’on peut parler vraiment d’une Église humaine.

L’autre groupe que je viens de rencontrer ce sont les postulants, de façon individuelle et quelquefois, j’ai eu un entretien rapide avec l’un ou l’autre novice. Je suis content parce que je sens que l’esprit de l’Assomption est en train de séduire les jeunes ; c’est très important pour notre avenir ici en Afrique de l’Ouest. Ma conviction c’est que le Christ s’est incarné dans une réalité locale, et nous avons besoin de cette réalité locale en Assomption que sont les jeunes, et c’est avec eux justement que l’Assomption prendra chair !

On a rencontré aussi l’évêque, un homme très sympathique, très bienveillant ; il est heureux du travail que les Assomptionnistes sont en train de faire dans ce diocèse et nous l’avons rassuré que nous sommes là, pour rester vraiment ; raison pour laquelle nous avons choisi ce diocèse comme lieu de formation. Il nous a fait part de certaines de ses préoccupations, bien légitimes. Je comprends par exemple la pertinence de sa question sur la stabilité des frères ; mais étant donné que nous sommes une congrégation internationale, ce n’est pas toujours facile ; c’est bien notre ambition d’avoir des religieux assez stables mais cela dépend aussi des provinciaux (Madagascar, Congo, France). Nous en reparlerons entre nous, mais pour le moment je peux dire que nous sommes heureux de son appréciation.

J’aurai encore une rencontre avec la commission formation de l’Afrique de l’Ouest et on verra ce qui se passera.

Bernard BAMOGO :       Avec le père Benoit GRIÈRE, vous êtes les principaux initiateurs de la fondation en Afrique de l’ouest. Les objectifs fixés au début restent-ils les mêmes et prennent-ils de plus en plus forme ?

Père Emmanuel :             Je dois rappeler qu’à notre arrivée il y avait plusieurs sollicitations de l’Afrique de l’Ouest et nous avons fait d’abord une visite d’exploration. En 2003 nous avons visité Sokodé et le Burkina ; nous avons choisi Sokodé parce que nous avions d’abord vu que c’était une terre de mission. En 2005, le diocèse comptait 26 prêtres diocésains avec 12 paroisses sur un territoire très vaste ; il n’y avait pas non plus assez de congrégations masculines. Du coup nous nous sommes dit que nous avions une terre qui répond à un des aspects de notre charisme : l’aspect doctrinal. Sokodé est un lieu où nous pouvons annoncer l’Évangile de Jésus-Christ. Et c’est pour cela d’ailleurs que nous nous sommes orientés vers la paroisse et je crois qu’elle est en train de prendre déjà forme en attendant un édifice.

Deuxièmement il y avait des demandes des jeunes de l’Afrique de l’Ouest (Burkina, Ghana, Côte-d’Ivoire, Bénin…). Pour nous il était très important que nous puissions nous installer ici pour pouvoir recevoir et accompagner les vocations. Aujourd’hui nous pouvons rendre grâce au Seigneur pour ce travail qui se fait parce que maintenant nous avons à Ouagadougou des frères ressortissants de cette Afrique de l’Ouest et bientôt il y en aura encore j’espère. Un autre aspect était la radio ! Dès le début, l’évêque nous l’a confiée et là je pense qu’il y a encore du chemin à faire notamment en ce qui concerne le personnel et le matériel adéquat. Une autre chose qui est en train de prendre forme ; le Centre Culturel Saint Augustin, qui n’était pas prévu au début, même s’il correspond aujourd’hui à notre charisme. Là aussi nous sommes en train de travailler à la communion du peuple de Sokodé et à l’unité entre différentes religions et Eglises. L’assomption de l’Afrique de l’Ouest a de l’avenir et il va falloir encore beaucoup de sacrifices. Nous sommes encore en période de fondation, mais il va falloir renforcer les équipes qui sont là et nous pouvons déjà compter sur les jeunes qui sont là et sur toute la congrégation

Bernard BAMOGO :       Quels défis pensez-vous donc qu’il y a à relever et quels espoirs portez-vous pour l’affermissement de la fondation ici ?

Père Emmanuel :             Comme nous sommes en période de fondation et que nous sommes très sollicités, le premier défi que je peux relever, c’est de nous rappeler que nous sommes des religieux et que la contemplation doit faire partie de nos priorités ! Sans la contemplation, toutes ces actions que nous menons risqueront d’être bâties sur du sable. Le deuxième défi qu’il va vite falloir affronter c’est de travailler comme une famille afin de déterminer, de spécifier les actions, les missions sur lesquelles nous devons insister ; ces missions, nous devons y répondre comme un corps. Je n’ai pas encore vu tout le monde mais je ne perçois pas encore comment on mène les activités : radio, paroisse, Centre Culturel, formation… je me demande comment les frères ici à Sokodé s’asseyent pour réfléchir ensemble sur ce qu’il faut faire. C’est un grand défi de travail en équipe et je suis sûr que ça viendra parce que tout le monde en est conscient. Un autre défi consistera à trouver des formateurs pour tous ces jeunes qui nous arrivent parce que l’avenir en dépend. Pour le moment nous faisons venir des gens d’autres provinces qui ne connaissent pas encore bien la mentalité, les défis de l’Église locale… Ils doivent donc se former à cette réalité ouest africaine. Enfin, c’est le défi économique : nous savons tous bien que la congrégation tout comme le monde actuel, traverse une crise économique sans pareil ; il faudra sans tarder penser à l’auto prise en charge, à l’auto financement, à la participation économique de nos communautés. On peut déjà porter cela dans nos préoccupations dans notre vie communautaire quotidienne.

Bernard BAMOGO :       Avez-vous un dernier mot ?

Père Emmanuel :             Un dernier mot, c’est à adresser au Seigneur qui, réellement est en train d’accompagner cette mission en Afrique de l’Ouest ; c’est un mot de merci à toutes les personnes qui nous ont accueillis ici et qui continuent de nous soutenir. L’Assomption n’a pas encore dit son dernier mot ; elle n’est qu’à ses débuts mais il va falloir travailler, et avec la grâce, Dieu lui-même pourra récolter les fruits dont il a besoin ici en Afrique de l’Ouest.

 

La visite canonique s’est achevée avec les travaux de la commission formation de l’Afrique de l’Ouest auxquels nos deux hôtes ont participé à la fin. Maintenant, ils prennent la route de Ouagadougou où d’autres questions et réalités les attendent. A Sokodé, la satisfaction se lit sur tous les visages des frères qui ont pu discuter avec le général. Nous sommes maintenant donc dans l’attente de sa carte de visite afin d’apprécier les importantes décisions, de prendre en compte les remarques pour un meilleur avenir de la mission ouest africaine. Mais déjà nous accueillons avec joie les mots d’encouragements que le Général a laissés aux jeunes avant de prendre la route de Ouagadougou : « soyez patients, priants, et persévérants »

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