Combats dans la vie spirituelle du Père Emmanuel d’Alzon

 

Une nouvelle année commence pour la communauté assomptionniste de Ouagadougou. Après quelques temps de vacances en famille, et quelques activités apostoliques de vacances pour d’autres, nous voici de retour dans notre communauté. En vue de nous rappeler que la prière reste fondamentale dans notre vie, un frère de la communauté nous propose un texte sur le combat spirituel à la manière du Père d’Alzon, notre fondateur. Voilà une belle manière pour nous de commencer cette nouvelle année !

 

 

 

Qui est Emmanuel d’Alzon?

 

Emmanuel d’Alzon est né en 1810 au Vigan. Il est le fondateur de la congrégation des Augustins de l’Assomption à Noël 1845 dans le collège de l’Assomption à Nîmes. Emmanuel d’Alzon est mort à Nîmes en 1880. Pour lui, avant toute chose, il invite à chercher le Règne de  Jésus Christ en nous et autour de nous, d’où notre devise assomptionniste: « Que ton Règne Vienne ». La vie spirituelle d’Emmanuel d’Alzon est marquée par des combats et des joies  pour que le Règne de Dieu arrive.

Quelle est l’origine des combats de la vie spirituelle du Père Emmanuel d’Alzon ? Comment a-t-il  vécu ses combats spirituels? Quels sont les fruits de ces combats ?

 

 

1)      L’origine des combats de la vie spirituelle du Père d’Alzon :

 

 

Le Père d’Alzon a donné l’expression définitive du but de sa fondation de la congrégation des Augustins de l’Assomption dans le premier article des Constitutions de 1855 (P. C. p. 37) « le but de notre petite association est de travailler à notre perfection en étendant le règne de Jésus Christ dans les âmes ; c’est pourquoi notre devise se trouve dans ces paroles de l’oraison dominicale : « Que ton Règne Vienne ». L’avènement du règne de Jésus Christ pour nous et pour le prochain, voilà ce que nous proposons avant toutes choses ».

 

Emmanuel d’Alzon a vécu l’époque de la Révolution française. Une Révolution  qui s’est manifestée par la négation des droits de Dieu.  Face à cela, le Père d’Alzon a senti l’absence de Dieu en lui et autour de lui. C’est la raison pour laquelle, il a pu écrire : « Le grand crime des temps modernes c’est que Dieu n’est pas suffisamment adoré, n’est pas suffisamment reconnu pour maître souverain de toutes choses… Voyez par quels anéantissements, par quelle destruction  de vous-mêmes, par quelle proclamation des droits de Dieu, vous devez réparer les insultes qui sont faites » (Ecrits Spirituels 1260).

 

Quelles pensées habitent le Père d’Alzon au cours de cette crise ?

En septembre 1853, le Père d’Alzon avait écrit : « Deux journées d’angoisse assez grandes. Mais ces angoisses, pourquoi les ai-je eues ? Parce que je deviens plus faible. Il me semble pourtant que, la veille de l’Exaltation de la Sainte Croix, je reprends un peu courage ; non pas précisément que je souffre moins, mais j’aime un peu plus la croix et j’accepte avec un peu plus d’amour celle que Notre Seigneur veut que je porte. Enfin, qu’il soit béni en tout et pour tout et surtout de mes humiliations, de mes blessures, de mes craintes, de mes sécheresses, de tout, pourvu que je puisse le glorifier  un peu ! Il me semble même que je suis heureux et même très heureux de souffrir. Quelque chose qui me frappe beaucoup, c’est le mot de Notre Seigneur à Ananie à propos de saint Paul : « Je lui montrerai combien il faut qu’il souffre pour mon nom ». Vraiment je me crois bon à procurer la gloire de Dieu, quand je vois que je n’en puis plus » (Ecrits Spirituels, pp. 811-812)

 

 

2) Comment d’Alzon a-t-il vécu ses combats?

 

 

Le Père d’Alzon a senti que le Seigneur lui demandait de faire tout de manière que ses projets soient les siens ou que ses plans soient au Seigneur et non pas à lui. Après l’attaque cérébrale, il a reconnu son incapacité et ses faiblesses. Voilà pourquoi il a écrit : « Mais qu’est-ce que Dieu veut de moi ? Je prie assez dans ce temps-ci, et je vois tant de choses que je ne sais plus où j’en suis. Ce qui me frappe le plus c’est mon incapacité, c’est mon impuissance à cause de mes défauts, à faire jamais rien de bien. Les obstacles qui s’élèvent, ne sont-ce que des épreuves ? Mon âme est dans une affreuse aridité. Je prie pourtant et me traîne, pour ainsi dire, à la présence de Dieu. Si ce sont là les douleurs de l’enfantement, je les accepte comme Dieu l’entend, mais c’est dur. Enfin comme Dieu voudra » (Lettres du Père d’Alzon I,  éditées par le Père Touveneraud p.422. et  Ecrits Spirituels, p. 814)

 

Pourquoi désire-t-il  implanter le règne de Dieu en lui-même et dans l’humanité ? D’abord c’est parce qu’il est juste que la créature soit soumise au Créateur ; il est juste que l’homme accepte ce que Dieu lui propose, d’autant plus que c’est un projet d’amour.

Dès le début, Emmanuel d’Alzon avait plus qu’un sens de la justice pour le pousser au service de la cause de Dieu. Il avait dû aimer, et aimer passablement pour avoir pu répondre à l’appel, au prix de tant de renoncement et de générosité, pour s’être préparé à sa mission par des études ardues et une prière qui allait s’intensifiant, enfin pour s’être prodigué de toutes ses forces et par tous les moyens possibles au service de Dieu ainsi qu’à l’évangélisation des hommes. Le motif d’amour a toujours prédominé dans la vie d’Emmanuel d’Alzon. En même temps il demeura toujours préoccupé d’aimer davantage. En 1853, il a écrit : « ce qui fait notre misère devant Dieu, c’est que nous n’aimons pas assez… ; et la cause pour laquelle nous ne donnons pas assez à nos actions le mérite de l’amour substantiel qui est le Saint Esprit.. »(Lettre  du Père d’Alzon, I,  éditées par le Père Touveneraud,  pp. 261-262)

 

Le Père d’Alzon a vécu ses combats en pensant que si les efforts fournis pour l’extension du Règne rencontraient tant d’obstacles, c’était sans doute parce que l’Assomption n’était pas édifiée sur le Christ avec des matériaux suffisamment purs ; sa foi, son espérance, sa charité n’étaient pas assez vives, tendues, ferventes, pas suffisamment animées de l’intérieur par l’amour de Notre Seigneur Jésus Christ.

 

 

Père Nicolas, a.a.

3) Les fruits de ces combats

 

Le Père d’Alzon tient la place de l’amour de Jésus Christ dans sa vie face à l’épreuve de la Révolution française de son époque. Pourquoi ? De son époque, il est un homme défenseur de l’Eglise à cause du refus de la souveraineté de Dieu. Il était farouchement défenseur du Pape et de la société. Le Père d’Alzon veut la liberté de l’Eglise et de la société selon la volonté de Dieu. Il reconnaît aussi ses faiblesses. Il a lui-même écrit : « ce qui fait notre misère devant Dieu, c’est que nous n’aimons pas assez … » (Lettre  du Père d’Alzon, I,  éditées par le Père Touveneraud.  pp. 261-262)

 

 

Le Père d’Alzon met en valeur l’Amour de l’Eglise. Il a trouvé en lui son ardeur pour défendre l’Eglise. Il a eu l’idée de régénérer la société car la révolution de  son époque n’a pas tenu compte de l’expérience de la relation avec les autres. C’était une révolution qui a mis de côté le droit de l’homme et surtout la souveraineté de Dieu. Le Père d’Alzon est convaincu que l’Eglise ne peut demeurer unie et remplir sa mission qu’en étant enseignée et guidée par les successeurs des apôtres, avec le Vicaire du Christ mis à leur tête. C’est pourquoi il juge indispensable qu’on écoute la parole du Pape et qu’on lui obéisse. Le Père d’Alzon exige que ses religieux « soient prêts à s’exposer à tous les périls pour le salut des âmes… et cela par amour de l’Eglise qui est le royaume de Dieu » (Premières Constitutions Chapitre II)

 

Le Père Emmanuel d’Alzon met en relief aussi l’amour de la Vierge Marie. Pour lui, Marie est modèle dans la pratique de la foi. Elle est modèle, car elle l’est aussi tout le long de sa vie dans son humilité, sa gratitude perpétuelle, sa confiance aveugle dans son Seigneur, enfin l’amour incomparable qu’elle eut pour son Dieu, son Fils et pour les enfants qu’il lui a confiés. Voici ce que le Père d’Alzon a dit à propos de l’amour de la Vierge Marie : « Aimer Marie parce que Jésus l’a aimée, c’est aimer en elle ce qui l’a rendue aimable aux yeux de son Fils. Le Père d’Alzon salue en Marie la Mère du Verbe éternel, de la Vérité infinie qui s’est fait homme [….] » (Ecrits Spirituels, p. 998)

 

Pour conclure, le Père d’Alzon a eu pour finalité de combattre les attaques des sociétés secrètes contre les vérités révélées, la loi de Dieu, l’Eglise, en un mot, contre les droits de Dieu dans toute leur plénitude. Il a mentionné ici que l’absence de Dieu dans sa vie est manifestée par les problèmes de la Révolution française de son époque.

Il a affirmé fortement : « en présence de la Sainte Trinité et de notre Seigneur que j’adore dans cette hostie, je m’engage à défendre de toutes mes forces les droits de Dieu  attaqués et la sainte Eglise catholique » (Ecrits Spirituels, pp. 1435-1436)

 

 

P. Nicolas, a.a.

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1 réponse à Combats dans la vie spirituelle du Père Emmanuel d’Alzon

  1. Merci pour avoir étayer la manière de faire le combat spirituel de notre fondateur

    Il Emmanuel d’Alzon. Il a été l’homme de son temps et nous lègue d’être des hommes de notre temps. la révolution de notre temps est presque la même de son temps, quel est notre position face à la révolution de l’ère de TIC

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