Appropriation du charime assomptionniste : une matinée avec Saint Augustin

Dans la cadre de l’appropriation du charisme assomptionniste, il est organisé une série d’exposés faits par les étudiants de la communauté de Ouagadougou. Au matin du mercredi 16 Avril, trois sur quatre exposés ont traité de Saint Augustin ; de belles découvertes dont nous pouvons partager quelques lignes ont été faites.

                Fabrice-Marie exposa sur la vie religieuse en Afrique. De l’histoire de la christianisation en passant par les vœux, il nous a fait parcourir quelques points clés de la vie religieuse en Afrique. Une question qui a été longuement débattue à la fin de son exposé, c’est la difficulté particulière du vécu de la chasteté en Afrique. De l’avis générale de tous, affirmer que la chasteté est plus difficile à vivre en Afrique relève de conclusions un peu trop partielles. Il est bien vrai que l’Afrique est un continent « assoiffé de fécondité » et qu’autrefois le statut social s’acquérait au gré du nombre d’enfants. Mais, la chasteté religieuse est plus vaste que la sexualité, et la sexualité non plus ne se limite pas qu’au plaisir physique. « Sur aucun continent, la chasteté n’est facile », renchérira Nicolas TARRALLE, l’unique français de la communauté, épousant l’idée de plusieurs autres frères. En plus de la chasteté, le vœu d’obéissance aussi souffre de quelques stéréotypes sur le continent africain, surtout dans les communautés internationales où le rapport à l’autorité varie beaucoup selon les cultures.  Voici autant de questions qui ne sont pas encore closes, mais nécessitent encore beaucoup d’approfondissement dans nos communautés internationales assomptionnistes.

                Après le thème de la vie religieuse, le reste de la matinée s’est poursuivie avec Saint Augustin, avec Michel qui exposa sur la liberté chez notre patriarche, Bernard sur Augustin dans l’histoire de la philosophie, et Jean-Claude, sur Les jardins de Saint Augustin, une œuvre de Georges TAVARD.

De l’exposé de Jean-Claude, on pouvait retenir que Saint Augustin a développé une doctrine de la Création, d’après l’œuvre de TAVARD ; et partant de cette doctrine de la Création, on peut comprendre comment Augustin a vraiment fait sien « tolle lege » en s’enracinant dans la Parole de Dieu. En effet, pour TAVARD l’âme serait le jardin de Dieu, et le renoncement serait le chemin noble pour monter vers Dieu. En outre, les jardins de Saint Augustin sont moins un lieu de conversion, qu’un lieu de contemplation. En pensant au thème de la création, on peut se demander le lien que peut avoir le jardin d’Eden avec les jardins de Saint Augustin. En effet, le jardin d’Eden était un lieu de présence de Dieu qui rencontre l’homme, et le renoncement à l’arbre de vie y était pour ce dernier, la condition sine qua non pour rester près de Dieu. D’ailleurs, le jardin d’Eden a été moins un lieu de conversion, qu’un lieu de désobéissance à Dieu. Même si TAVARD n’a pas établi un lien clair entre les jardins de Saint Augustin et celui d’Eden, en communauté, nous avons fait le lien. Pour nous d’ailleurs, l’intériorité que développe aussi TAVARD chez Saint Augustin serait un nouveau jardin, celui de nos cœurs où est planté un nouvel arbre, celui de la Croix du Christ, qui doit porter quotidiennement fruit. En un mot, nous avons retenu aujourd’hui qu’« il faut cultiver notre jardin » !

Bernard BAMOGO

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