Le Paradis, le Purgatoire  et l’Enfer

Jugement dernier ; Hans Memling 1466-1473

Jugement dernier ; Hans Memling 1466-1473

     J’aimerais, ici, aborder une question des plus difficiles à rendre compte théologiquement. Je m’intéresse particulièrement aux trois termes : paradis, purgatoire et enfer ; qui traduisent, pour la plupart, une vérité de foi commune aux grandes religions monothéistes. Mais la tradition catholique en a fait, pendant plusieurs siècles l’objet de sa prédication en amplifiant l’interprétation par des descriptions exagérées si bien que, pendant longtemps, la vie des catholiques a été déterminée par la peur et non pas par l’amour. Malgré les fondements scripturaires dont bénéficient certains de ces termes, ceux-ci ne sont nullement un reportage sur les réalités de l’au-delà  auxquelles ils renvoient. J’essayerai, en prenant isolément chaque terme, de donner, sans trop les organiser, quelques attestations scripturaires et ensuite, en m’appuyant sur la tradition de l’Eglise et quelques théologiens qui se sont intéressés à la question, je proposerai une relecture de chacun des termes.

Je ne parlerais pas des limbes qui sont une construction théologique du XIIIe siècle et qui à travers les siècles aura eu beaucoup de succès. Mais Benoit XVI  dira que c’est un problème théologique isolé. L’on pourra, pour plus d’information à ce sujet, consulter la déclaration de la commission théologique internationale d’avril 2007. Dérivés du latin Limbus (bord, bordure), ce terme désigne la bordure du paradis qui est le présumé lieu destiné aux enfants qui mouraient sans le baptême.

I- Le paradis 

Le mot Paradis est un mot iranien (paridaida) qui désigne le bonheur dans lequel Dieu plaça le couple humain. L’ère paradisiaque est caractérisée par l’harmonie entre l’homme et la femme et  par l’union avec Dieu.  (Gn 2-3)

Nous lisons dans le livre de Baruch version syriaque (écrit intertestamentaire) qu’à la fin du règne terrestre du messie, surviendra la résurrection générale et alors les justes seront transportés dans le paradis céleste «  ils habiteront les sommets de ce monde, ils ressembleront aux anges, ils seront comparables aux étoiles… les espace du paradis s’étendront sous leur yeux » (51,10-11 ou SC n° 144, P 449)

Le terme paradis est aussi attesté dans le Talmud, la  loi orale mise par écrit plus tard (SC n°245 P 98) où il est question de paradis pour les justes ceux qui auront respecté les commandements et de la géhenne pour les méchants. Le livre de Daniel (Dn 12, 2), y fait aussi référence. Nous connaissons aussi le récit des sept frères martyrs dans 2 Maccabées 7, 9ss.

Dans le nouveau testament aussi nous trouvons pas mal de références ; notamment en Luc 23, 43 le Christ et le bon larron ou encore Luc 16, 19ss le riche et le pauvre Lazare où le paradis est assimilé au sein d’Abraham. Une autre mention du paradis est faite dans  Ap 2, 7.

La bible, bien souvent, répond à la nostalgie du paradis perdu en affirmant que Dieu prépare des cieux nouveaux et une terre nouvelle Ap 21, 1 et Is 65, 17-66, 22 où en sa présence les hommes vivront en paix dans un univers transfiguré Rm 8,19.

Dans l’islam le terme Al-Janna désigne un jardin magnifique qui permet au croyant de connaitre tous les plaisirs.

Le Ciel ou le Paradis

Que disons-nous lorsque nous confessons un Dieu qui est au Ciel ? On est arrivé à penser dans la religion du proche orient que le paradis se trouve dans le ciel. Parce que le ciel est perçu comme la demeure de Dieu, l’ordre, le beau, le bien, la lumière, le vrai. Et donc au fur et à mesure que l’on s’éloigne du ciel, on va vers le chaos, le désordre, les ténèbres, le mal. La  Bible, quant à elle, localise le paradis sur terre. Mais avec la science aujourd’hui, il n’apparait plus très convainquant de situer Dieu dans le ciel à cause de l’exploration de l’espace céleste et interplanétaire ; celui-ci perd son caractère inaccessible et devient un espace explorable. Les premiers cosmonautes ont affirmé n’avoir pas rencontré Dieu dans l’espace ; donc le ciel est vide. Cela nous appelle à revenir à l’intuition biblique profonde et originelle qui situe le paradis sur la terre. Dieu ne peut être assigné à résidence puisque l’homme ne peut pas faire que Dieu lui ressemble. Alors donc confesser sa foi en un Dieu qui est au ciel c’est affirmer que Dieu est au-delà des perceptions humaines, qu’il est, comme l’affirme St Augustin, plus intime à moi-même que moi-même, cependant radicalement tout autre et objet perpétuel de nos désirs. C’est à défaut de pouvoir exprimer ce qu’est cette vie bienheureuse qu’on dit de ceux qui acceptent la lumière de Dieu qu’ils vont au ciel et de ceux qui refusent la lumière de Dieu on dit qu’ils vont en enfer, à défaut de pouvoir exprimer ce qu’est la  privation de cette vie bienheureuse. Car nul ne peut dire ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu. À cet effet, Augustin souligne qu’il est plus facile de dire ce que la vie éternelle ne sera pas que de dire ce qu’elle sera. Mais il tente quand-même de la décrire en affirmant qu’au ciel nous répéterons sans cesse Amen -c’est vrai- et Alléluia-louez Dieu qui est vérité- ; cela non par des sons de la bouche mais par l’affection du cœur.

II- Le Purgatoire

C’est une construction purement théologique et non biblique qui s’est beaucoup développée dans l’Eglise occidentale mais qui aujourd’hui a perdu de son éclat ; l’Eglise ancienne évoquait des souffrances expiatoires par le feu mais c’est surtout à partir du VIIème siècle qu’apparait la notion d’un lieu appelé purgatoire. Il est présenté comme un état intermédiaire entre l’enfer et le paradis ; la condition transitoire dans laquelle se trouvent les morts qui ne sont pas pleinement sanctifiés ni pleinement marqués par le péché. C’est le lieu où il faut achever de se sanctifier lorsqu’on n’est ni pleinement sanctifié ni radicalement marqué par le péché.

Cette notion est élaborée pour rendre compte de la prière pour les défunts. Elle fait polémique entre l’Eglise d’orient et celle d’occident, et ne va trouvera une définition dogmatique comme telle que lors des conciles de Florence en  1439 et de Trente en 1563.

Cependant les dévotions pour les âmes du purgatoire dans l’Eglise catholique latine se sont développées surtout au XIXème siècle par des croyances, pratiques et des prières pour les âmes du purgatoire. On va assister à la fondation à Paris, par exemple, des « Auxiliatrices du purgatoire » en 1856  qui avaient pour mission de gagner des âmes au Christ. Il fallait pour les catholiques dire 6 paters et 6 Ave Maria par jour pour les âmes du purgatoire (Thérèse de Lisieux va garder cette pratique jusqu’à sa mort) ; on va proposer le traité du purgatoire[1] de ste Catherine de Gênes (1447-1510) pour les méditations (ce traité est disponible sur internet ; il décrit avec un grand soin et une grande clarté l’état dans lequel se trouvent les âmes du purgatoire). Le P d’Alzon, fondateur des Augustins et des Oblates de l’Assomption, va également être l’un des plus dévoués pour ces âmes. Nous le lisons dans ses  Ecrits Spirituels, page 1057.

 Le but de cette notion était d’aider les vivants à pratiquer leur foi et à anticiper dans leur existence l’état de purification et d’humilité dans lequel se trouvent les âmes du purgatoire. Cette croyance avait une triple signification :

– Exprimer l’espérance chrétienne en Dieu (la conviction que Dieu n’oublie pas les morts et -qu’il les appelle à entrer dans sa sainteté),

-Traduire un ordre ecclésial cohérent reliant les vivants et les morts (communion entre l’Eglise combattante ou militante, l’Eglise en attente ou souffrante et l’Eglise triomphante)

– Et enfin affirmer la force de la tradition ancestrale par rapport aux incertitudes du monde moderne.

Toute cette signification est éclairée par la conviction selon laquelle :

  • La vision de Dieu n’est partagée que par des gens ayant atteint leur perfection
  • La rencontre du Dieu Saint avec l’homme pécheur n’est possible que si ce dernier est totalement purifié
  • Le temps (temps ici c’est l’impuissance de l’homme face au temps et à l’espace) du purgatoire et déjà le temps du salut définitif, parce que ne sont admis au purgatoire que ceux qui au terme de leur vie terrestre sont admis à partager la vie et le bonheur de Dieu. Et surtout parce que le purgatoire est non seulement un temps d’épreuve mais aussi temps d’amour et de désir centré sur Dieu.

On a même tenté de justifier la notion de purgatoire par des passages de l’Ecriture. On s’appuie souvent sur  1 Co 3, 11-14 (comme à travers le feu) et aussi le Ps 65, 12 « nous sommes passés par le feu et l’eau. »

Par contre au XXème siècle, après la première guerre mondiale, la notion du purgatoire donne naissance à des interprétations herméneutiques. On soulignera trois éléments : le purgatoire n’est pas tant un lieu qu’un état ;  il n’est pas seulement une souffrance mais un amour, une attirance vers Dieu malgré les péchés ; il impliquerait une temporalité très différente de celle historiquement connue.  On assistera à un désintérêt de plus en plus croissant de la notion du purgatoire si bien que le concile Vatican II ne cite pas explicitement le mot purgatoire mais affirme plutôt que « d’autres disciples ayant achevés leur vie sont encore soumis à la purification » (Lumen Gentium, n°49).  Dans la liturgie, la prière pour les défunts ne mentionne pas le nom purgatoire même si cela y est implicite.  Pourquoi donc prier pour les morts ?  D’abord parce que la solidarité qui unit les hommes ici ne finit pas avec la mort  et ensuite dans le but de hâter la rencontre avec Dieu de ceux qui sont au purgatoire. On ne dit pas que la notion est fausse mais elle manque de pertinence (probablement à cause des dégâts de  la guerre mondiale, les camps de concentration, et la question de l’euthanasie, etc.)

Ce qui est sûr c’est que la Bible est très discrète sur la condition des morts avant la résurrection mais on sait qu’ils attendent la résurrection. On ne peut pas non plus assimiler le purgatoire au Shéol parce que ce dernier est ambigu puisqu’il désigne à la fois le séjour des morts et la géhenne pour les impies.

Pourquoi alors parle-t­-on du purgatoire ? A travers notre vie nous cachons beaucoup de choses aux autres et très souvent, nous sommes incapables de supporter la vérité sur nous- mêmes  et pourtant nous sommes appelés à la vie de Dieu, qui nous le savons bien, est lumière et vérité, c’est-à-dire transparence. Par conséquent, nous ne pouvons pas y entrer sans devenir nous-mêmes lumière. Qui fait la vérité vient à la lumière dit-on ; d’où la nécessité du purgatoire qui est en soi un processus de purification. Bernard Sesboüé écrit : « le choc de la rencontre de Dieu est un feu dévorant… le purgatoire n’est pas un châtiment, il est au contraire l’expression de la grande patience de Dieu qui maintient jusqu’à l’au-delà la possibilité de notre conversion totale à la vérité »[2]. Le purgatoire parait alors être la chance que Dieu nous donne pour accéder à son amour.

            Mais l’Eglise orthodoxe se réserve face à cette notion, même si elle reconnait que les morts attendent la résurrection. Le protestantisme rejette complètement cette notion car non seulement elle n’est pas biblique mais aussi parce que la prière pour les morts risque de méconnaitre le rôle unique et définitif du Christ Sauveur. Il faut s’en remettre à Dieu.

III- L’enfer

Du latin inferus, ce mot signifie ce qui est inférieur, ce qui est en bas. Mais ce mot donne lieu à plusieurs interprétations. On parle souvent en histoire de l’enfer d’Hiroshima, et en philosophie Sartre qui affirme avec conviction que « l’enfer c’est les autres ».

Mais il nous faut ici distinguer l’enfer des enfers.

D’abord les enfers qui sont le shéol hébreu désignant le séjour des morts et traduit en grec par Hadès, traduisent un lieu obscur, ténébreux où on ne voit rien, on ne chuchote pas. C’est un abîme immense dont Dieu seul a la connaissance ; il est fermé comme une prison (Is 24, 22),  fait de poussière (Is 26, 19) et remplis de vers (Is 14, 11). Les enfers se présentent comme l’antithèse de la terre des vivants car on n’y loue pas Dieu (Ps 115, 17).

L’enfer par contre est identifié à la géhenne (Mc 9, 44), au feu (Mt 5, 22), à la fournaise, au feu éternel (Mt 18, 8 ; Ap19, 20, Ecclésiastique 21, 9-10) ;  Ap 20, 14 le présente comme un étang de feu mais aussi comme la seconde mort (Ap 21, 8).

Mais dans tous les cas ces deux termes renvoient au royaume de la mort. À partir de là, les Pères de l’Eglise vont définir l’enfer comme un feu inextinguible. Cependant Clément d’Alexandrie et Origène vont plutôt inviter à interpréter le feu d’une façon métaphorique. Pour Clément d’Alexandrie ce n’est pas un feu qui dévore le corps mais plutôt l’âme. Il identifie donc le feu au regret que l’on éprouve comme étant le plus grand supplice des chrétiens pour les péchés commis après le baptême (Stromat VII, 6). Par contre pour Origène, si l’enfer existe il serait temporaire car  Dieu qui est Amour ne peut supporter de voir ses enfants souffrir éternellement dans un feu qui les dévore. Cette affirmation conduira l’Eglise, en 543 au synode de Constantinople, à déclarer anathèmes tous les origénistes qui affirment que l’enfer est temporel.

Remarquons tout de même qu’aujourd’hui ce mot est très peu utilisé dans les homélies dominicales car pendant plusieurs siècles, l’enseignement religieux en a usé et abusé pour des menaces de damnation au point que la vie chrétienne a fini par être conduite plus par la peur que par l’amour

-L’enfer à travers les conciles et les siècles de l’Eglise : Finalement c’est une vérité de foi que la peine de l’enfer est éternelle car la Bible n’est pas du tout précise sur cette notion ; elle affirme parfois que chacun sera payé selon ses œuvres (Rm 2, 5-7) ;  Mt 25, 31-45 (sur la venue eschatologique du Christ) affirme l’existence  d’un enfer caractérisé par la privation de la vie et du bonheur de Dieu. C’est ce qu’on appelle la peine de dam d’où le mot la damnation. Mais on se réserve de définir un lieu et la nature de la souffrance. L’Eglise catholique va, quant à elle, se prononcer sur la notion à partir des références bibliques. Le quatrième concile de Latran en 1215 reprendra l’affirmation du symbole de st Athanase «  ceux qui auront fait du bien iront pour la vie éternelle et ceux qui auront fait du mal iront au feu éternel ». Également, le deuxième concile de Lyon, en 1274, affirme que tous ceux qui meurent en état de péché descendent directement  en enfer ; et le pape Benoit XII en 1336 déclare dans Beneditus Deus « nous affirmons que, selon l’ordination commune de Dieu, tous ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt en enfer après la mort ».

Mais ce qui est sûr, si l’enfer est certain, la miséricorde de Dieu l’est encore plus. Disons que le Christ en parle avec les images utilisées en son temps (feu, géhenne….) et donc ces images ne sont pas des reportages sur les réalités auxquelles elles renvoient, c’est-à-dire sur l’au-delà. Mais il utilise une pédagogie visant à mettre chacun en garde contre un échec éternel. Le risque est inhérent à la vie humaine car l’homme est libre de refuser la plénitude de la vie et du bonheur offert par Dieu pour l’éternité d’où l’appel pressant du Christ à ne pas passer à côté de sa vie mais à la prendre au sérieux et à la fonder sur l’amour dont lui-même est le témoin et le chemin. Mais l’humanité à trop vite laissé courir l’imagination au point d’imprégner la vie chrétienne de la peur qui en est devenue le moteur au détriment de l’amour qu’elle annonce. Pourtant, nul ne sait avec certitude ce que sera cette vie privée de Dieu, il n’y que l’imagination. Et cette insistance sur la réalité de l’enfer n’a pas été sans conséquence. Notamment après les grandes guerres, on est arrivé à penser l’enfer comme une invention de la classe dominante pour défendre leurs intérêts ou comme le fruit d’une mentalité infantile entachée de mythes et aujourd’hui dépassée car, si Dieu est vraiment amour, l’enfer n’existerait pas dit-on.

Cependant, si l’enfer n’existe pas, nous ne sommes pas libres, car nous ne pourrons pas dire oui ou non à Dieu en toute liberté. Nous savons quand-même que dans la conception chrétienne, il y a incompatibilité entre Dieu et l’enfer qui est le contraire de la volonté de Dieu et le fruit de la liberté humaine qui refuse de partager la vie de Dieu. Notons donc que si Dieu est absolument amour et pureté, s’il respecte dans toutes ses dimensions la liberté humaine, alors l’éventualité de l’enfer est bien vraie. Comme l’affirme Marcel Jouhandeau : « là où je suis, là est ma volonté libre et là ou est ma volonté libre, l’enfer existe en puissance. Si l’homme ne comprend pas l’enfer c’est qu’il ne comprend pas sa propre réalité »[3]. Dans le même sens, le père François Varillon écrit : «  si Dieu est amour, l’éventualité de l’enfer est réelle. Si vous niez l’enfer ayez le courage de dire que Dieu n’est pas amour… »[4]

Ce qui est sûr, nous le savons, le salut est l’œuvre d’amour de Dieu ; on juge l’enfer selon les maximes de ce monde alors qu’il n’est pas de ce monde. « L’enfer c’est de ne plus aimer, écrit Georges Bernanos, ne plus comprendre mais vivre quand-même. Ô prodige ! »[5] Dieu est amour, or l’homme peut vouloir ne pas aimer, c’est cette responsabilité, nous dit Sesboüé, qu’énonce l’idée de l’enfer. « L’enfer est une possibilité réelle pour chacun de nous si notre liberté refuse Dieu de manière définitive. »[6].  L’enfer c’est donc dire non, définitivement, à Dieu. Puisque l’éventualité de l’enfer est une vérité de foi,  cela n’empêche pas de croire que tous les hommes peuvent être sauvés. Mais attention à l’hypocatastase  : dire que tous les hommes peuvent être sauvés, c’est maintenir la possibilité d’un salut universel ; cela est donc bien différent que de dire que tous les hommes seront sauvés comme le pensent les partisans de l’hypocatastase.

De tout ce qui précède, on peut se demander comment l’humanité en est venue à croire en une résurrection et à une vie éternelle ?  Dans la croyance primitive le grand bien de l’homme c’est la vie et donc la mort est perçue comme une catastrophe. D’où la conception d’une vie végétative dans le shéol puisque la vie n’y est pas totalement finie. C’est alors que le peuple de Dieu va peu à peu évoluer vers l’espérance d’une résurrection. Mais il se fait que le shéol est un lieu où reposent à la fois les justes et les méchants, les bons et les mauvais, les persécutés et les persécuteurs.  Ils devront être séparés à la résurrection où Dieu va récompenser certains et châtier d’autres ; Ba 51, 10-11 (version syriaque) ; Dn 12, 2 ; 2 Mac 7 – les sept frères martyres- ; Ecc 48, 9-12 -Elie qui est élevé au ciel-. Et si nous nous situons dans le Nouveau Testament, Jésus annonce le Royaume de Dieu non seulement par la parole mais aussi par les gestes qui rendent ce Royaume concret. Exemple : il ressuscite le fils de la veuve de Naïm (Lc 7, 11-17) ; la fille de Jaïr (Mc 5, 21-43) ; Lazare (Jn 11, 1-46). Jésus lui-même a traversé l’épreuve de la mort mais sa résurrection nous projette au cœur même du message chrétien sur le salut de l’humanité. Que faut-il comprendre ?  Jésus en ressuscitant, ne revient pas à sa vie antérieure ; il est ressuscité avec tout lui-même, alors sa résurrection nous annonce la nôtre. Il est donc clair que l’homme sera sauvé avec tout ce qu’il est aujourd’hui. Notre foi, sans pouvoir vraiment définir ce que sera la vie dans l’au-delà, nous convainc que les morts pour le Seigneur s’éveilleront à la joie et à la vie éternelle alors que les méchants s’éveilleront pour la damnation éternelle. C’est une vérité de foi, elle est indubitable !

 Fr Martin, a.a

[1] Sur ce traité je ne vais pas faire de commentaire vous pourrez le lire sur internet en entrant Ste Catherine de Gênes, traité du purgatoire.

[2] Bernard Sesboüé, propos recueillis par Martine de Sauto dans la croix des 2-3/11/2002

[3] Encyclopédie catholique pour tous, P 936

[4] François Varillon Joie de croire, joie de vivre

[5]  Georges Bernanos, Journal d’un curé de campagne

[6] Sesboüé, idem

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