Solidaire des pauvres…

« Dans un monde où l’attachement aux biens matériels et leur injuste répartition sont source de division et de haine, nous témoignons que Dieu est notre seule richesse et nous veut solidaires des pauvres. Assumant notre part de travail au milieu des hommes, nous voulons participer à la promotion des personnes et des peuples en vue du Royaume » RV N°26

Temps de présentation

Temps de présentation

Du 2 au 6 novembre 2015, les novices et les pré-postulants assomptionnistes, ont eu la joie de participer à une session axée sur un aspect fondamental de l’identité assomptionniste : « Solidaires des pauvres ».  Elle a été animée par le P. Nicolas TARRALLE qui nous a partagé son expérience pleine de ressources pour des jeunes en chemin, comme nous. Outre les jeunes en formation chez les assomptionnistes, la session a été ouverte à d’autres communautés religieuses et les novices du Puits de Jacob et de la congrégation des sœurs de Saint André de Peltre ont donc été des nôtres. Cette session nous a permis de mieux intégrer cette dimension de la trilogie assomptionniste et d’apprendre à être plus attentif à l’Esprit Saint qui ne cesse de réitérer l’invitation à être, de mieux en mieux, solidaires des pauvres. Dans cette perspective, chaque jour de la semaine a été une occasion d’écouter le cri du pauvre qui retentit dans différents lieux :

  • L’écologie (la sauvegarde de notre maison commune)
  • L’injustice politique (le cas du Congo et la politique)
  • L’économie (cas de la gouvernance en Afrique de l’Ouest et l’accaparement des terres)

L’observation de ces différents secteurs, apparemment isolés, se déroula dans une optique commune : apprendre à mener une action sociale, pour la paix et la justice,  à partir d’une situation d’injustice concrète de notre milieu de vie. Pour ce faire, à Sokodé, la situation qui retint notre attention, parmi tant d’autres, en vue d’une action commune et objective, fut : « Au grand marché de Sokodé, les jeunes filles en âge d’aller à l’école primaire vendent les produits de commerce de leur famille. » Sous la houlette du P. Nicolas, nous avons utilisé la méthode du « cercle pastoral » pour mener à bien notre analyse. Afin de connaître une expérience concrète, nous avons effectué une visite à la prison centrale de Sokodé, pour palper du regard cet environnement où des hommes vivent beaucoup de souffrance. À ce propos, selon le témoignage des frères et des sœurs qui ont pu entrer dans la prison, il est nécessaire d’être solidaire avec ces prisonniers, surtout lorsqu’on prend conscience de la précarité de leurs conditions de vie. Chaque jour, ou mieux, chaque instant de la session, a été enrichissant et porteur d’un message singulier. Dans la panoplie des richesses inscrites dans nos cœurs, je retiens les points essentiels suivants :

  • Le regard avec lequel on observe une situation dépend du fait que l’on soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la situation. De plus, il change d’une personne à une autre en fonction de sa propre expérience.
  • Il est important d’établir un lien entre notre foi chrétienne et le respect de la Création. À cet effet, l’encyclique du pape « Laudato si’» est un outil privilégié qui nous y introduit, car elle n’est pas seulement une encyclique « écologique », mais elle est aussi une résonnance du cri du pauvre qui vit dans une Création molestée dans tous les sens et qui en subit au premier rang les conséquences.
  • L’injustice politique est présente dans plusieurs régions du monde. Le cas de la République Démocratique du Congo en est une illustration continentale. La complexité de la situation de guerre en RDC, au Nord KIVU, laisse croire à un impossible changement. Et pourtant, plusieurs acteurs, dont l’Église, travaillent pour la paix dans cette région troublée. Les assomptionnistes y sont présents depuis plusieurs années et ne cessent de donner leur contribution à l’éradication de ce phénomène de guerre. Nous sommes invités à prier sans cesse pour cette région qui vit dans la peur et le chaos.
  • Suivant le système en vigueur, l’économie peut être favorable à la classe d’élite au détriment des classes moyennes et faibles ou ouverte à tout le monde en prônant le développement intégral et objectif d’une région.
  • Les pauvres doivent être au cœur d’une action sociale à mener. Afin d’éviter d’être « auto référentiel » l’on doit voir, juger et agir avec eux. C’est en ceci, d’ailleurs, que la méthode du cercle pastoral est enrichissante, efficace et évangélique.
  • Le cercle pastoral est en effet une sorte de « théologie pratique » qui propose une manière d’être chrétien et missionnaire et de vivre l’engagement pour la transformation du monde. Ces six étapes gravitent en spirale autour d’un centre commun : les pauvres.
  • Analyse sociale : décrire le problème, son histoire, les acteurs, etc.
  • La situation : qu’est ce qui se passe exactement ?
  • La réflexion chrétienne : éclairage biblique ; les documents du magistère, règle de vie, etc. en bref, quel est le projet de Dieu pour cette situation ?
  • Le plan d’action : qu’allons-nous faire ? établir un plan d’action.
  • Exécuter l’action : la mise en application
  • Evaluation : une évaluation qui prend tout en compte, les moyens mis en jeu, les difficultés, les réussites, les forces gênantes, etc.

Tel sont les fruits que je garde de cette session dont, par ailleurs, je ne peux totalement rendre compte dans le cadre d’un court article de blog. À présent je prie le Seigneur de nous accorder la grâce de garder tout cela jalousement dans nos cœurs et d’être des hommes solidaires des pauvres, à sa ressemblance.

Jovic KOUEPOU, novice, a.a.

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