SESSION DE FORMATION SUR LA PASTORALE DE LA SANTE

La Maison Lavigerie encore en session

Il s’agit de la dernière session de formation de cette année. Elle s’est déroulée du 26 au 30 mars 2012. Quand nous parlons de la « Maison Lavigerie », il s’agit de l’Institut de Philosophie des Missionnaires d’Afrique (communément appelés Pères Blancs) sis au nord de la ville de Ouagadougou ; il s’agit également et surtout dans ce cas de l’ensemble des étudiants des différentes communautés qui suivent des cours dans cet Institut.

À Lavigerie, l’essentiel ne se trouve pas surtout dans les notes ; il est plus question de la maturité humaine, de la responsabilisation progressive des étudiants. C’est la formation de l’homme et de tout l’homme. Si les cours que nous suivons tous les jours ne suffisent pas à cette fin, les sessions qui ont été organisées plusieurs fois dans l’année viennent améliorer de beaucoup notre formation humaine.

Du 26 au 30 mars 2012 les étudiants de Lavigerie, de la première jusqu’en troisième années, ont bénéficié d’une dernière session, respectivement sur les thèmes de la Pastorale de la Santé, de la Catéchèse, et du Dialogue interreligieux. Le thème de la première année a été animé par le Père Edgar Yaméogo, Burkinabé et Religieux Camillien, directeur du Centre de Pastorale Sanitaire ‘‘ Camillianum’’ à Ouagadougou.

Au cours de cette session nous avons pu comprendre que la pastorale de la santé est un ministère de la communauté des croyants qui a pour but la guérison, la libération, la réconciliation et la croissance spirituelle des malades. Que pouvons-nous savoir de l’histoire de la pastorale sanitaire ?

L’histoire de la Pastorale Sanitaire remonte au premier millénaire. Dans la période des communes, la mentalité démocratique et populaire était en vogue, la notion de liberté vue sous l’angle d’opposition à l’Église était latente et alors l’État prit sur lui le soin des malades. Les malades passèrent des mains de l’Église à celles de l’État. Le malade est vu comme un citoyen ayant des droits ; mais malheureusement le lucre commença à gagner du terrain, on faisait parfois appel aux prisonniers pour s’occuper des malades.

Cette situation ne pouvait pas laisser indifférents les hommes d’Église. Trois grands Saints et grands Réformateurs dans le domaine de la santé  surgirent pour combattre l’idéologie de la période des communes. Nous pouvons les citer : Saint Jean de Dieu en Espagne (1495-1550), Saint Camille de Lellis en Italie (1550-1614), Saint Vincent de Paul en France (1576-1660). Saint Jean de Dieu soignait surtout les malades mentaux. Pour  Saint Camille, il faut assister les malades comme une mère assiste son unique fils malade. Saint Vincent de Paul est celui qui a travaillé à l’intégration de la femme dans le vaste champ de l’assistance aux malades.

La pastorale de la santé n’a pas pour but d’amener des remèdes ou des solutions aux problèmes des malades. Elle est un processus religieux et se sert des sciences humaines telles que la Sociologie, la Psychologie, la Théologie, etc. ; elle est non seulement pluridisciplinaire mais aussi interdisciplinaire. Il s’agit de la santé holistique : on tient compte de la totalité de l’être humain. Nous voyons qu’une bonne volonté ne suffit pas, il faut avoir une formation pour cette mission d’évangélisation, de célébration des sacrements et d’humanisation de la médecine et de l’assistance des malades.

L’homme est la route de l’Église. Là où l’homme est nié, c’est Dieu qui est nié, et là où Dieu est nié, c’est l’homme qui est nié. (Pape Jean-Paul II).

Pour accompagner un malade, il faut avoir fait la psychologie ; elle est importante dans l’accompagnement des malades et le psychologue ne se laisse pas enchanter par ce qui apparaît, il va au-delà des examens de laboratoire. C’est pourquoi il y a trois verbes qui sont importants : observer, comprendre et prévoir. Nous devons savoir qu’une personne malade, en tant qu’un être humain en situation, est vulnérable et ne réfléchit plus nécessairement bien. D’où la Relation Pastorale d’Aide (en anglais Counseling) qui comporte deux éléments fondamentaux : l’amour et la connaissance de soi. Il s’agit principalement ici d’éviter la sympathie ; il faut avoir l’empathie.

La communication empathique consiste à comprendre ce que l’autre vit, entrer dans sa peau comme si… L’empathie exige que je me place dans le point de vue de l’autre tout en évitant de tomber dans l’attitude de sympathie.

Nous avons parlé aussi de la Bioéthique de la vie ; ce terme a été utilisé pour la première fois par Van Rensselaer Potter dans son livre ‘‘ The science of futur’’. Les problèmes brûlants de la bioéthique ont été abordés. Souvent les hommes de science oublient que l’histoire de l’homme commence à la fécondation, quand ils considèrent les embryons et les fœtus comme des choses qu’on peut détruire sans problème. À ces hommes de science, le titre d’un document sorti par la Conférence des Evêque du Togo répond : « Est déjà homme, celui qui va le devenir ».

Cette session trop intéressante nous a permis, à partir des exercices pratiques entre nous, d’acquérir les bonnes manières pour aborder un malade, pour lui parler. Nous disons merci au Père Edgar Yaméogo, lui qui s’est rendu largement disponible pour  nous donner le meilleur de lui-même pendant ces cinq jours. Il a été pour nous un vrai « papa » pour nous avoir donné l’amour des malades. Nous n’oublions pas les formateurs de Lavigerie qui se soucient non seulement de la formation intellectuelle des étudiants mais aussi de leur développement sur tous les plans.

Fr. Lucas

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2 réponses à SESSION DE FORMATION SUR LA PASTORALE DE LA SANTE

  1. TCHANGANI dit :

    très bien j’ai aimé votre page qui m’a permis d’avoir une idée sur la Pastorale Sanitaire avant d’aller a la session. Que Dieu vous bénisse. Votre frère TCHANGANI Michel

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